Discuter de votre projet
Portail client
Blogue / Bioénergies
Étude de cas

Chauffage à la biomasse en serre : se libérer du prix des combustibles fossiles

Par Antoine Gaudreau, ing., agr. · AGC Consultant inc. ·
Serre tunnel chauffée à la biomasse

Pour un producteur en serre, le chauffage est souvent la plus grosse dépense variable, et c'est aussi celle qu'il contrôle le moins. Le prix du propane dépend de marchés continentaux, des stocks, du transport et de la géopolitique. Une mauvaise année peut effacer la marge d'une saison.

Le problème : un coût qu'on ne contrôle pas

Le propane a plusieurs avantages : équipement peu coûteux, installation rapide, chaufferettes faciles à déplacer. Mais il présente trois faiblesses pour une serre qui veut produire longtemps :

  1. Un prix volatil. Le producteur subit les hausses sans pouvoir les prévoir ni les négocier.
  2. Une facture qui grimpe avec la saison. Allonger la production en mars ou en octobre, c'est chauffer quand il fait le plus froid.
  3. Des émissions de GES directes. Chaque litre brûlé émet environ 1,54 kg de CO₂e.

La solution : une chaudière centrale à la biomasse

Une chaudière à biomasse brûle du bois (bûches, plaquettes ou granules) et transfère la chaleur à un fluide caloporteur, généralement de l'eau glycolée. Un réseau de conduites isolées amène ce fluide jusqu'à des aérothermes installés dans les serres. Pour les cultures, le résultat ressemble à un chauffage conventionnel, mais la source d'énergie est locale et renouvelable.

Le CO₂ émis par la combustion du bois est d'origine biogénique. Selon la méthode de quantification du ministère de l'Environnement, seules les faibles émissions de méthane et de protoxyde d'azote sont comptabilisées.

Étude de cas : un complexe de serres tunnels

Le client. Une jeune entreprise maraîchère biologique exploite des serres tunnels en polythène (tomates, poivrons, concombres, production de plants). Elle chauffait avec des chaufferettes portatives au propane, en nombre insuffisant pour maintenir les températures lors des grands froids. Sa saison de culture était donc limitée.

L'objectif. Produire sur huit mois, de mars à octobre, dans trois serres (deux existantes et une nouvelle), avec des consignes de 22 °C le jour et 20 °C la nuit.

L'intervention d'AGC.

  1. Modélisation des besoins de chauffage de chaque serre, mois par mois.
  2. Comparaison du scénario propane et du scénario biomasse.
  3. Quantification des réductions de GES selon la méthode du ministère.
  4. Plan de projet et plan de surveillance signés par l'ingénieur, et montage de la demande d'aide financière.
  5. Suivi : rapport d'avancement, mise en route et mesure de la performance réelle sur un an.

La solution retenue. Une chaudière à bûches commerciale de grande puissance (750 000 BTU/h), installée dans une biochambre attenante au garage, qui distribue la chaleur aux trois serres. Un compteur d'énergie mesure la chaleur réellement livrée.

L'approvisionnement. Du bois de chauffage acheté en vannes de 15 cordes auprès d'une coopérative forestière et de bûcherons de la région, complété par le bois de ses propres terres. Le bois sèche sous abri avant d'entrer dans la biochambre.

Indicateurs annuels projetés
IndicateurValeur
Besoin de chauffage des 3 serres1 616 GJ
Propane remplacé63 853 L
Réduction nette de GES96 t CO₂e
Bois requis (bois franc, rendement de 75 %)environ 70 cordes

Combien coûte un GJ de chaleur livré à la serre?

Avec du bois acheté au prix courant de 200 $ à 250 $ la corde, la chaleur produite par la biomasse coûte de 58 % à 66 % moins cher que celle du propane. Pour comparer des énergies différentes, il faut ramener chaque combustible au coût d'un gigajoule (GJ) de chaleur réellement livré aux cultures.

Coût par GJ livré, propane vs biomasse (1 616 GJ livrés/an)
ScénarioCoût du combustibleCoût annuelCoût par GJ livré
Propane (référence)0,65 $/L41 607 $25,75 $
Bois à 200 $/corde200 $/corde14 080 $8,72 $
Bois à 225 $/corde225 $/corde15 845 $9,80 $
Bois à 250 $/corde250 $/corde17 605 $10,89 $

À 225 $ la corde, l'économie atteint environ 25 800 $ par année.

Hypothèses. Propane : 63 853 L/an à 0,6516 $/L, valeurs du plan de projet. Bois : bois franc séché à l'air, 30,6 GJ par corde de 128 pi³, rendement de chaudière de 75 %, soit environ 23 GJ livrés par corde et 70 cordes par an. Ces chiffres excluent l'électricité des pompes, la main-d'œuvre de chargement et l'amortissement de l'équipement. Prix du bois : 200 $ à 250 $ la corde, prix courant observé en région.

Le bois récolté sur les terres du producteur réduit encore ce coût, puisqu'il ne paie alors que la coupe et la manutention.

Le vrai gain : la prévisibilité

Le bois de chauffage local se négocie avec des fournisseurs de la région, en volumes connus, souvent pour toute une saison. Son prix ne suit pas les marchés mondiaux de l'énergie. Pour une serre, c'est un coût de production qu'on peut enfin planifier.

Si le prix du propane augmente de 20 %, la facture de référence passe de 41 600 $ à près de 50 000 $. Une même hausse sur le bois à 225 $/corde ajoute environ 3 200 $.

Une aide financière qui change l'équation

Le projet a obtenu plus de 120 000 $ du programme ÉcoPerformance, volet Bioénergies, qui soutient le remplacement des combustibles fossiles par la biomasse. L'aide est liée aux réductions de GES démontrées et assortie d'exigences strictes :

  1. Plan de projet et quantification des GES signés par un ingénieur.
  2. Plan de surveillance avec mesure de l'énergie livrée.
  3. Rapports d'avancement et de mise en route.
  4. Suivi de la performance réelle pendant au moins un an.

C'est là qu'un accompagnement technique fait la différence : un dossier solide accélère l'analyse et sécurise les versements.

Foire aux questions

La biomasse convient-elle aux petites serres? Oui. Le projet présenté chauffe trois serres tunnels d'environ 300 m² chacune. La rentabilité dépend surtout du besoin de chauffage annuel et du prix du bois accessible localement.

Bûches, plaquettes ou granules? Les bûches coûtent le moins cher mais demandent un chargement manuel. Les granules et plaquettes s'automatisent mieux mais coûtent plus cher par GJ. Le bon choix dépend de la taille des serres et de la main-d'œuvre disponible.

Faut-il garder le propane en appoint? Dans ce projet, la biomasse remplace le propane en totalité. Certains producteurs conservent une source d'appoint par sécurité; c'est à évaluer au cas par cas.

Le chauffage au bois est-il vraiment meilleur pour le climat? Oui, lorsque le bois provient d'une récolte durable. Ici, la réduction nette atteint 96 t CO₂e par an, après déduction des émissions de la combustion du bois et de l'électricité.

Combien de temps dure un projet? Il faut compter environ un an entre le dépôt de la demande et la mise en route, puis un an de suivi de la performance.

Conclusion : une serre plus résiliente

Remplacer le propane par la biomasse, ce n'est pas seulement réduire une facture. C'est reprendre le contrôle d'un coût de production, allonger la saison de culture et valoriser une ressource de la région.

Sources : Plan de projet et plan de surveillance AGC, dossier Bioénergies; CRAAQ, Références économiques 2023 — Coûts des sources d'énergie (AGDEX 760/821). Cet article est fourni à titre informatif; les chiffres présentés sont projetés et peuvent varier selon votre situation.

Un projet de conversion à la biomasse ?

On dimensionne le système et on monte la subvention

Réponse dans les plus brefs délais, partout au Québec.

Discuter de votre projet
Passons à l'action

Votre projet commence sur le terrain. Parlons-en.

Discuter de votre projet
AGC Consultant inc.

Des solutions pour cultiver l'avenir.

Coordonnées

579-371-8733[email protected]38, rue de Beauharnois
Granby (QC) J2H 0V9
© AGC Consultant inc. Tous droits réservés. Propulsé par Cloudflare Politique de confidentialité
AGC Consultant